PEL de 12 ans : que faire ? Le conserver encore 3 ans ?

"J’ai reçu un courrier de ma banque m’indiquant que mon PEL a atteint ses 12 années. La banque me demande ce que je compte faire, et m’invite à prendre rendez-vous avec un conseiller bancaire..."
Mon PEL fête ses 12 ans. Il a été ouvert en 2014, et je me demande s’il est encore intéressant de le conserver. Les intérêts vont désormais être fiscalisés, son taux de rémunération est figé depuis son ouverture et les offres d’épargne ont évolué. Faut-il clôturer son plan épargne logement pour placer son argent ailleurs comme me le propose ma banque ? Pas si vite !
Un PEL de 12 ans peut encore être un placement intéressant, même après fiscalité. Tout dépend de son taux contractuel, du montant de l’épargne accumulée et des projets de son titulaire. Voici les différentes options à envisager, des livrets bancaires aux placements financiers de long terme.
PEL de 12 ans : ce qui change réellement
Contrairement à une idée répandue, un PEL de 12 ans n’est pas automatiquement clôturé. Pour les plans ouverts depuis le 1er mars 2011, les versements ne sont plus possibles après dix années, mais le capital continue de produire des intérêts au taux contractuel pendant cinq années supplémentaires. À quinze ans, le PEL est transformé en livret bancaire ordinaire, rémunéré à un taux fixé librement par la banque. Le cap des douze ans correspond essentiellement à un changement fiscal pour les PEL ouverts avant 2018 : les intérêts produits après le douzième anniversaire deviennent imposables à l’impôt sur le revenu, alors qu’ils en étaient auparavant exonérés. Les prélèvements sociaux, eux, étaient déjà dus. Le PEL ne perd donc pas brutalement sa rémunération à douze ans, mais son rendement net diminue.
Quel est le taux de mon PEL ouvert en 2014 ?
Le taux de rémunération d’un PEL est fixé lors de son ouverture. Il ne varie pas avec les décisions de la Banque centrale européenne ni avec les changements de taux des livrets réglementés. Un épargnant dont le PEL atteint douze ans en 2026 doit donc retrouver le taux applicable lors de son ouverture en 2014. À titre d’exemple historique, les PEL ouverts en 2014 bénéficiaient d’un taux de 2,50 % brut, hors éventuelle prime d’État. Ceux ouverts à partir de février 2015 étaient rémunérés à 2 %, puis le taux a connu d’autres évolutions. Il faut toujours se référer à la date exacte de souscription, certaines années ayant connu plusieurs taux successifs.
| Périodes d’ouverture du PEL | Rendement épargne brut | Rendement épargne net (1) | ||
|---|---|---|---|---|
| Hors prime d’Etat | Avec prime d’Etat | Hors prime d’Etat | Avec prime d’Etat | |
| du 1er juillet 1985 au 15 mai 1986 | 4.75 % | 6.13 % | 3.32 % | 4.29 % |
| du 16 mai 1986 au 6 février 1994 | 4.62 % | 6.00 % | 3.23 % | 4.20 % |
| du 7 février 1994 au 22 janvier 1997 | 3.84 % | 5.25 % | 2.68 % | 3.67 % |
| du 23 janvier 1997 au 8 juin 1998 | 3.10 % | 4.25 % | 2.17 % | 2.97 % |
| du 9 juin 1998 au 25 juillet 1999 | 2.90 % | 4.00 % | 2.03 % | 2.80 % |
| du 26 juillet 1999 au 30 juin 2000 | 2.61 % | 3.60 % | 1.82 % | 2.52 % |
| du 1er juillet 2000 au 31 juillet 2003 | 3.27 % | 4.50 % (2) | 2.29 % | 3.15 % |
| du 1er août 2003 au 31 décembre 2007 | 2.50 % | 3.50 % (2) | 1.75 % | 2.45 % |
| du 1er janvier 2008 au 1er février 2015 | 2.50 % | 3.50 % (2) | 2,04% | 2,85% |
| du 1er février 2015 au 1er février 2016 | 2.00 % | 3.00 % (2) | 1,63% | 2,44% |
| du 1er février 2016 au 1er août 2016 | 1.50 % | 2.50 % (2) | 1,22% | 2,04% |
| du 1er août 2016 au 31 décembre 2017 | 1.00 % | 2.00 % (2) | 0,81% | 1,63% |
| Du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 (3) | 1.00 % | n/a(4) | 0,69% | n/a |
| du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2023 | 2.00 % | n/a(4) | 1,37% | n/a |
| du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2024 | 2.25 % | n/a(4) | 1,54% | n/a |
| À partir du 1er janvier 2025 | 1.75 % | n/a(4) | 1,20% | n/a |
| ||||
Combien rapporte réellement mon PEL après douze ans ?
Le rendement brut ne suffit pas pour comparer deux placements. Dès lors que les intérêts du PEL sont soumis à l’impôt sur le revenu, il faut tenir compte des prélèvements sociaux et de la fiscalité applicable. En principe, les intérêts concernés sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, avec la possibilité d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu si celui-ci est plus favorable. Un PEL rémunéré à 2,50 % brut ne rapporte donc plus 2,50 % net après imposition.
Via l’application du PFU au taux de 31.4 %, pour un PEL ouvert en 2014, son taux de rendement net sera donc de 1,72%. Ainsi, pour savoir s’il est préférable de le conserver ou de le clôturer, il faut comparer son rendement net avec celui des placements alternatifs, en tenant compte de leur fiscalité, de leurs frais et de leurs risques. Il faut également comparer des rendements de même nature : un taux promotionnel de quelques mois n’est pas équivalent à une rémunération contractuelle garantie pendant plusieurs années.
Première option : conserver son PEL jusqu’à ses quinze ans
C’est la solution la plus simple, et elle mérite d’être examinée avant toute clôture. Un PEL de douze ans ouvert depuis mars 2011 peut encore produire des intérêts pendant trois années au taux fixé lors de son ouverture. Si ce taux reste compétitif après fiscalité, il n’y a aucune urgence à déplacer son argent. Le capital bénéficie d’une rémunération connue à l’avance, sans exposition aux fluctuations des marchés financiers. En revanche, aucun nouveau versement n’est possible et les sommes restent indisponibles pour un retrait partiel : retirer de l’argent entraîne la clôture du plan. La question est donc de savoir si l’épargnant peut immobiliser cette somme pendant les années restantes. Il doit également anticiper la transformation automatique du PEL à quinze ans, car le taux du livret bancaire qui lui succédera pourra être sensiblement inférieur.
Deuxième option : placer son argent sur les livrets réglementés
Pour les épargnants qui souhaitent conserver une épargne disponible et sans risque de perte en capital, les livrets réglementés constituent une première alternative. Le livret A et le LDDS permettent de retirer son argent à tout moment, sans frais ni fiscalité sur les intérêts. Le LEP peut être encore plus intéressant pour les ménages respectant les conditions de revenus. Leur principal avantage réside dans cette combinaison de disponibilité, de garantie et d’exonération fiscale. Mais leurs plafonds de versement limitent les sommes qui peuvent y être placées. Un PEL ancien peut contenir plusieurs dizaines de milliers d’euros : il n’est donc pas toujours possible de transférer l’intégralité du capital vers les livrets réglementés. Par ailleurs, contrairement au taux contractuel du PEL, les taux de ces livrets peuvent évoluer.
Top 5 des livrets réglementés
| TOP 5 des offres en épargne réglementée | ||||
|---|---|---|---|---|
| TOP | Offres | Taux (*) | Plafonds | |
| 1 🥇 | LEP | 2.50 % | 10 000€ | |
| 2 🥈 | Livret A ou Bleu | 1.70 % | 22 950€ | |
| 2 🥈 | LDDS | 1.70 % | 12 000€ | |
| 2 🥈 | Livret jeune | 1.70 % | 1 600€ | |
| 5 | LEE | 1.57 % | 45 800€ | |
| (*) Taux net d’impôt sur le revenu et net des prélèvements sociaux (Source FranceTransactions.com) | ||||
| 👉 Comparatif complet des offres en épargne réglementée | ||||
Troisième option : profiter des taux promotionnels des livrets bancaires
Les livrets bancaires fiscalisés, souvent appelés super livrets, constituent une autre possibilité pour les épargnants privilégiant la sécurité et la disponibilité. Certaines banques proposent des taux boostés pour attirer de nouveaux dépôts, parfois accompagnés d’une prime de bienvenue. Ces offres peuvent être intéressantes, mais il faut examiner leur durée de validité. Un taux promotionnel élevé pendant trois mois peut être suivi d’un taux standard beaucoup moins attractif. Il faut donc calculer le rendement sur une année complète, après fiscalité, et non se laisser séduire par le seul taux mis en avant dans la publicité. Les plafonds des taux promotionnels, les conditions de nouveaux versements et les éventuelles obligations d’ouverture d’un compte courant doivent également être vérifiés. Cette solution convient particulièrement aux épargnants qui souhaitent conserver leurs fonds disponibles en attendant une meilleure opportunité de placement.
Top 5 des livrets bancaires fiscalisés
<le-les-meilleurs-livret|nb_max=5|>
Quatrième option : les comptes à terme pour sécuriser un rendement
Le compte à terme est une alternative particulièrement pertinente pour les anciens détenteurs de PEL. Son fonctionnement repose sur une logique comparable : l’épargnant immobilise une somme pendant une durée déterminée en contrepartie d’une rémunération connue à l’avance lorsqu’il s’agit d’un compte à terme à taux fixe. Les échéances peuvent aller de quelques mois à plusieurs années. L’avantage est de pouvoir choisir une durée adaptée à ses projets, sans nécessairement immobiliser son épargne aussi longtemps que sur un PEL. En revanche, les intérêts sont fiscalisés et une sortie anticipée peut entraîner une pénalité ou une réduction du rendement. Il faut également examiner les conditions de renouvellement, les montants minimums et la garantie des dépôts applicable à l’établissement. Pour un épargnant qui n’a pas besoin de son argent à court terme, les comptes à terme méritent une comparaison sérieuse avec le rendement net de son PEL.
Top 5 des comptes à terme
Meilleurs comptes à terme :
| TOP | Offres | Echéances | Taux (*) | Dépôt Max. |
|---|---|---|---|---|
| 1 🥇 | RAISIN | 84 mois | 3.75 % | 100 000 € |
| 2 ex æquo 🥈 | RAISIN | 96 mois | 3.75 % | 100 000 € |
| 2 ex æquo 🥈 | RAISIN | 120 mois | 3.75 % | 100 000 € |
| 2 🥈 | RAISIN | 120 mois | 3.55 % | 100 000 € |
| 3 🥉 | RAISIN | 96 mois | 3.50 % | 100 000 € |
| Tableau présenté trié par taux d’intérêts bruts en ordre décroissant. (*) : Taux bruts. La fiscalité appliquée peut différer de la fiscalité française pour les comptes à terme situés hors de France. Offres soumises à conditions de souscription.Sélection des 5 meilleurs taux avec indication de la maturité correspondante, référencés sur le guide indépendant de l’épargne. | ||||
Cinquième option : les fonds euros de l’assurance-vie
L’Assurance-Vie constitue une alternative intéressante pour les épargnants souhaitant diversifier leurs placements et préparer des projets à moyen ou long terme. Les fonds en euros offrent une garantie du capital selon les conditions du contrat, généralement nette des frais de gestion du fonds mais hors éventuels frais sur versement et prélèvements fiscaux et sociaux. Leur rendement est annoncé chaque année et n’est pas garanti pour les années suivantes. Certains contrats proposent des bonifications de rendement sur les nouveaux versements, parfois conditionnées à l’investissement d’une proportion minimale en unités de compte. Ces offres peuvent améliorer la rémunération du fonds euros, mais les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Autre élément à prendre en considération : l’ancienneté fiscale du contrat. Pour un épargnant qui détient déjà une assurance-vie de plus de huit ans, effectuer un versement complémentaire peut être plus intéressant que souscrire systématiquement un nouveau contrat. Il faut toutefois comparer les frais, la qualité des supports et les conditions commerciales de chaque offre.
Top 5 des fonds euros en assurance-vie
Sixième option : investir sur des fonds obligataires ou des fonds datés
Pour les épargnants qui peuvent accepter une fluctuation de la valeur de leur placement, les fonds obligataires peuvent constituer une alternative aux produits d’épargne bancaire. Les fonds obligataires datés présentent un intérêt particulier : ils investissent dans un portefeuille d’obligations dont les échéances sont généralement proches d’une date cible. Leur rendement potentiel dépend notamment des taux obligataires, de la qualité de crédit des émetteurs, des frais et des éventuels défauts. Contrairement au PEL, ces placements ne garantissent pas le capital. Un fonds obligataire daté peut subir des pertes, y compris s’il est conservé jusqu’à son échéance. Il ne faut donc pas confondre rendement actuariel estimé et rendement garanti. Ces fonds peuvent néanmoins être étudiés pour une partie du patrimoine lorsque l’horizon de placement correspond à leur échéance et que l’épargnant accepte le risque associé.
Septième option : utiliser son épargne pour rembourser un crédit immobilier
La meilleure utilisation de l’argent récupéré d’un PEL n’est pas nécessairement un nouveau placement. Pour un épargnant qui rembourse encore un crédit immobilier, un remboursement anticipé partiel peut constituer une solution intéressante. Le gain correspond aux intérêts futurs économisés, sous réserve de tenir compte de l’assurance emprunteur, des éventuelles indemnités de remboursement anticipé et des modalités du prêt. Si le taux du crédit est supérieur au rendement net que l’épargnant pourrait raisonnablement obtenir sur un placement sans risque, cette option mérite d’être étudiée. Attention néanmoins à ne pas utiliser toute son épargne disponible pour rembourser un emprunt. La conservation d’une réserve de précaution reste indispensable. Par ailleurs, un prêt immobilier ancien bénéficiant d’un taux particulièrement faible peut avoir intérêt à être conservé.
Faut-il ouvrir un nouveau PEL après avoir clôturé l’ancien ?
Ouvrir un nouveau pel n’est pas nécessairement avantageux. Le taux du nouveau plan sera celui applicable à sa date d’ouverture, et non celui de l’ancien contrat. Il faut donc comparer les deux rémunérations, mais également tenir compte de la fiscalité et des contraintes de fonctionnement. Les PEL ouverts depuis 2018 sont soumis à l’imposition des intérêts dès leur première année. Un nouveau plan impose également des versements réguliers pendant sa phase d’épargne et ne permet pas de retraits partiels. Son principal intérêt peut résider dans la rémunération contractuelle et les droits à prêt immobilier associés, lorsque ces derniers sont pertinents au regard des conditions de financement du marché. Dans bien des situations, d’autres produits d’épargne seront plus souples.
Comment répartir l’argent récupéré de son PEL ?
Il n’est pas indispensable de placer l’intégralité du capital sur un seul produit. Un épargnant peut répartir les fonds selon plusieurs objectifs : conserver une réserve immédiatement disponible sur des livrets, sécuriser une somme destinée à un projet dans quelques années sur un compte à terme ou un fonds euros, puis investir une partie à plus long terme sur des supports diversifiés. Cette répartition dépend avant tout de l’horizon de placement et du niveau de risque accepté. Un capital destiné à financer un achat immobilier dans deux ans ne doit pas être investi comme une épargne retraite mobilisable dans quinze ans. La diversification permet aussi d’éviter de dépendre d’un seul taux de rémunération, d’une seule échéance ou d’une seule classe d’actifs.
PEL de 12 ans : faut-il vraiment le clôturer ?
La réponse dépend principalement du rendement net de votre PEL et de vos besoins. Si votre plan offre encore une rémunération compétitive et que vous n’avez pas besoin de votre argent avant ses quinze ans, le conserver peut rester judicieux. Si son rendement net devient insuffisant, que vous souhaitez disposer librement de votre épargne ou que votre projet patrimonial a changé, sa clôture peut se justifier. Il ne faut pas non plus oublier que tout retrait entraîne la clôture du PEL : contrairement à une assurance-vie ou à un livret bancaire, il n’est pas possible de récupérer seulement une partie des sommes en conservant le plan. Avant de prendre une décision, comparez les rendements après fiscalité, les frais, les risques, la disponibilité des fonds et les éventuels droits à prêt attachés au contrat. Un PEL de douze ans n’est pas nécessairement un mauvais placement. C’est simplement le bon moment pour vérifier s’il correspond encore à vos objectifs.