
Retraite : partir plus tôt, quitte à percevoir une pension plus faible, les Français n’hésitent pas
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Aucun jugement de valeur. Libre de fumer, à chacun ses loisirs. Toutefois, beaucoup de fumeurs subissent leur dépendance bien davantage qu’ils ne prennent de plaisir. Le phénomène est d’autant plus inquiétant pour les plus modestes, dont la dépendance à la nicotine, les pousse à négliger les soins ou les achats de première nécessité. Par ailleurs, le tabac étant une des premières causes de cancer en France, le coût pour la société se monte à plusieurs milliards d’euros.
Le budget mensuel moyen d’un fumeur est actuellement de 207 euros par mois, ce qui revient à 2 484 euros par an, rapporte l’Alliance contre le tabac (ACT) dans une étude publiée lundi 9 janvier. "L’industrie du tabac ne ruine pas que la santé", s’insurge le collectif d’associations à l’occasion de sa nouvelle campagne de sensibilisation.
L’Alliance contre le tabac constate que les dépenses en cigarettes peuvent "représenter jusqu’à 30% des dépenses d’un ménage" vivant sous le seuil de pauvreté. Selon son étude, "un Français sur cinq reconnaît avoir renoncé à certains achats ou certaines activités pour subvenir à sa consommation de tabac". Ces sacrifices sont d’autant plus forts chez les jeunes (42% des 25-34 ans) et chez les parents (29% des personnes ayant un enfant de moins de 18 ans). "Parmi eux, la moitié a renoncé à des dépenses de première nécessité telles que l’alimentation, les frais de santé ou les produits d’hygiène", regrette l’Alliance contre le tabac.
"Plus le revenu est faible, plus la prévalence du tabagisme quotidien est élevée", constate l’ACT. Le collectif a donc lancé le 2 janvier une campagne de sensibilisation "pour démontrer qu’au-delà d’accroître les difficultés financières des fumeurs, la consommation de tabac creuse les inégalités sociales et de santé". Il constate qu’il y a "deux fois plus de fumeurs quotidiens" chez les Français aux revenus les moins élevés que chez ceux ayant les revenus les plus élevés. Les fumeurs quotidiens représentent, selon l’ACT, "32% des personnes n’ayant aucun diplôme ou un diplôme inférieur au baccalauréat, contre 17,1% des titulaires d’un diplôme supérieur au baccalauréat".
"Plus éloignées du système de soins et moins réceptives aux messages habituels de prévention, ces personnes ont également moins de chances d’accéder à un accompagnement dans la durée, dans le cadre de leur sevrage tabagique", s’indigne Marion Catellin, directrice de l’Alliance contre le tabac. Face à ce constat, l’ACT plaide pour des mesures adaptées aux personnes les plus modestes. L’Alliance contre le tabac juge ainsi "nécessaire d’améliorer l’information sur la prescription et le remboursement des substituts nicotiniques". Elle "réclame la gratuité de ce traitement". "Si les substituts prescrits étaient à 100% remboursés, plus des trois quarts des fumeurs estiment qu’ils seraient plus motivés à arrêter de fumer."
Le collectif appelle également à "mettre en place des incitations financières sous conditions de ressources" afin "d’inciter les fumeurs les plus défavorisés à se faire aider". Selon l’ACT, "plus de deux tiers des fumeurs affirment que recevoir une aide de l’État les inciterait davantage à arrêter de fumer".

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